Going all Wrong – Tout va de travers

               The Economist                                                                                                2 Novembre 2013

The Economist est un hebdomadaire anglais qui est reconnu dans le monde entier pour ses analyses de l’actualité mondiale. Il défend un point de vue politique plutôt libéral classique depuis 1843, date de sa première parution. Dans ce magazine, on retrouve les thèmes de l’économie, la politiques et les affaires internationales ainsi que la finance, les sciences et technologies et l’art dans une moindre mesure.

L’article original est écrit en anglais et s’intitule « Going all Wrong ». Il a été publié le 2 Novembre 2013 dans le magazine britannique. L’auteur de cet article est anonyme comme pour la grande majorité des auteurs de ce magazine. Il explique comment le Premier Ministre irakien essaie de résoudre le conflit civil qui a lieu dans son pays depuis plusieurs mois et qui devient de plus en plus violent.

Tout va de travers

Le Chef de l’Irak veut plus d’armes. Mais c’est son sens politique qui fait défaut. 

            Alors que l’Irak souffre de ses pires effusions de sang depuis que les troupes américaines ont expulsé Al-Qaïda d’une grande partie du pays 6 ans auparavant, Nuri al-Maliki, le Premier Ministre irakien assiégé, est arrivé à Washington le 29 Octobre. Il demande une assistance militaire pour éviter à ses forces de sécurité d’être abattu. Car il se sent terriblement en danger.

            Les troupes irakiennes, dirigées par des membres de la majorité Chiite et loyales au gouvernement de Mr. Maliki ont dû se retirer dans une série de villes mécontentes, peuplées d’irakiens délaissés issus de la minorité Musulmane Sunnite. Dans d’autres villes, ses forces ont été affaiblis par l’abandon. « Regardons les choses en face », a dis un irakien populaire la veille du départ de Mr Maliki pour les États-Unis, « nous échouons en sécurité ».

            Depuis avril, environ 5 000 irakiens ont été tués, principalement par des insurgés Sunnites qui déclenchaient des bombes ou qui lançaient des attaques dans les zones Chiite. Le 27 Octobre seulement, au moins 54 personnes ont été tuées à Bagdad et à Mossoul, les plus grandes villes du Nord de l’Irak.

            De nombreuses autres attaques ont eu lieu dans la région d’Anbar, une vaste province à l’Ouest de Bagdad qui est situé près de la Syrie et de la Jordanie. Il y a deux semaines, huit Kamikazes agissant simultanément – une prouesse remarquable, même pour Al-Qaïda – ont attaqué des bâtiments du gouvernement à Rawa, une ville au Nord-Ouest de Bagdad sur l’Euphrates, très près de la frontière syrienne. En même temps, un Kamikazes conduisait un camion dans un barrage de police près de Ruthba, à l’Ouest de Bagdad sur la route principale qui mène en Jordanie.

            Les forces de sécurité irakiennes se sont retirées des villes importantes dans la région d’Anbar, comme Falluja et Ramadi, ainsi que d’une région principalement Sunnite près de la province de Salaheddin. À la place elles se sont terrées dans une caserne pas très loin mais semblent incapables ou peu disposées à patrouiller dans les rues. Dans la ville sombre du Nord de Mosul, Al-Qaïda est aussi contre le fait de faire sentir son omniprésence, en rassemblant de l’argent pour aider à payer ses opérations.

            Mr Maliki veut que les américains, do20131102_MAM908nt les troupes se sont retirés d’Irak fin 2011, fournissent des hélicoptères Apache et des drones Predator parmi d’autres choses. Sa demande d’assistance insiste sur le fait que « Al-Qaïda est une menace commune à tout le monde ». En effet, un groupe responsable pour plusieurs des récentes vagues d’attaques à la bombe, l’État Islamique d’Irak et de Syrie (ISIS), a accordé sa fidélité à Al-Qaïda. Les irakiens ont aussi laissé entendre qu’ils seraient peut-être capables d’aider les États-Unis dans ses négociations avec l’Iran concernant son programme nucléaire puisque les régimes de Bagdad et Téhéran sont devenus de plus en plus proches.

            Mr Obama aura du mal à satisfaire toutes les demandes de Mr Maliki. Les hélicoptères sont en chantier ainsi que des avions F-16 qui ne sont pas d’une grande aide contre les insurgés. Mais d’influents sénateurs ont récemment déconseillé le Président d’aider Mr Maliki à moins qu’il n’essaye  beaucoup plus de partager le pouvoir avec les minorités Sunnites et Kurdes d’Irak. « Le manque de gouvernance conduit beaucoup de Sunnites irakiens dans les rangs d’Al-Qaïda et alimente la montée des violences », ont écrit les sénateurs, dont Carl Levin, chef du Comité des services armés. D’autres déploraient le fait que Mr Maliki soit aussi confortable avec Bashar Assad et son régime en Syrie.

            Ce dont Mr Maliki a besoin plus que des armes est la volonté de trouver un compromis avec ses opposants politiques, surtout Sunnites mais aussi Kurdes. Ces dernières années, les Sunnites se sont sentis de plus en plus exclus et tourmentés. En plus de cela, le conflit civil qui agite la Syrie s’est étendu au delà de la frontière irakienne.

            Tout comme les forces de sécurité irakiennes Chiites opposées, ISIS et d’autres groupes ont commencé à attaquer les milices des tribus Sunnites qui ont déjà été opposés à Al-Qaïda sous un plan connu comme le Sahawa, ou le réveil, encouragé par les américains comme une part de leur « poussée » en 2007. Avec l’accord des aînés des tribus, la communauté Sunnite a été persuadé de se retourner contre Al-Qaïda et de les chasser de leurs villes et villages jusqu’au Nord et Ouest de Bagdad. Mais après le départ des américains, le Sahawa a été plus ou moins abandonné par un gouvernement irakien peu disposé à consentir à l’existence de groupes armés Sunnites au delà de son contrôle centralisé de Bagdad. La plupart des aînés des tribus ont maintenant retiré leurs coopérations avec le gouvernement de Mr Maliki.

            Trop craintif pour conduire des patrouilles dans les rues, les forces de sécurité ont mené des raids et des arrestations massives, qui ont rendu encore plus furieux les civiles Sunnites. « Pour le moment, ce qui alimente le plus le conflit est la présence des forces de sécurité du gouvernement centralisé dans les régions Sunnites, où ils arrêtent des jeunes hommes par milliers, les torturent pour les relâcher après l’obtention d’une somme d’argent », dis un bénévole étranger. « Vous pouvez voire Al-Qaïda être avantagé par l’omniprésence des forces armés », il ajoute. L’hostilité contre le gouvernement n’est pas seulement sectaire ; il est aussi le résultat de l’échec du gouvernement à faire plus pour les citoyens, dis le bénévole. Les ravitaillements inégaux d’électricité et le fléau de la corruption rendent le sujet encore pire.

            Pendant ce temps, le gouvernement est souvent dysfonctionnel et le parlement échoue régulièrement à faire passer des législations pourtant vitales. Mr Maliki a été incapable, depuis sa ré-élection il y a plus de trois ans, de nommer un Ministre de l’intérieur ainsi qu’un Ministre de la défense, il supervise donc les deux ministères lui-même. Le Président fédéral, Jalal Talabani, un Kurde qui est parfois vu comme une des rares figures unificatrices d’Irak, a quitté le pays depuis le fin d’année dernière à la suite d’une attaque. Autant l’orateur que l’imam Chiite on publiquement appelé les fonctionnaires Kurdes a déclaré publiquement s’ils sont toujours en vie. L’esprit du compromis est un besoin d’autant plus urgent pour le retour à la vie du pays.

Commentaires personnels:

On entend beaucoup parler du conflit en Syrie mais on a peu entendu parlé de l’Irak et de ses nombreuses poussés de violences. D’après l’auteur, le compromis et la résolution du conflit sont d’être à porté de main des irakiens. Les américains ont l’air de penser la même chose puisque d’après eux, il faut un régime politique qui rassemble toutes les minorités du pays pour voir apparaître une unification et la fin du conflit. On voit bien que l’auteur est pessimiste quant à la résolution du pays qui pourrai rester en conflit pendant encore plusieurs mois.

Traduction de Margaux Million

Pour plus d’information : http://www.economist.com/news/middle-east-and-africa/21588902-iraqs-leader-wants-more-weapons-it-his-political-sense

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